Mise à jour le 14/12/2008
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Vous retrouverez toutes les informations ci-dessous et plus encore dans le livret d'information réalisé conjointement par l'Institut Curie et Rétinostop.
Les termes soulignés en pointillés sont expliqués dans le glossaire des termes médicaux.
Le rétinoblastome, comme toute tumeur, se développe à partir d'une cellule dans laquelle se sont accumulées des altérations génétiques. Notre patrimoine génétique, qui est présent dans pratiquement toutes nos cellules, regroupe environ 30000 gènes que nous possédons en double exemplaire (un exemplaire hérité de chacun de nos parents). Pour le rétinoblastome, on sait que l'altération des deux exemplaires du gène RB dans une cellule de la rétine est nécessaire, et peut-être pas suffisante, au développement de la tumeur.
Dans plus de la moitié des cas de rétinoblastome, l'atteinte est unilatérale. Dans la très grande majorité de ces cas (90%), il s'agit de l'altération des deux exemplaires du gène RB au niveau d'une cellule de la rétine acquise au cours de la petite enfance. Il faut savoir que 10% des enfants atteints d'un rétinoblastome unilatéral sont porteurs d'une prédisposition génétique.
Dans moins de la moitié des cas, l'atteinte est bilatérale : l'enfant est atteint de plusieurs lésions rétiniennes indépendantes. Dans ce cas, on suppose d'emblée une prédisposition génétique, c'est à dire que l'enfant est porteur dans toutes ses cellules, y compris dans les cellules de la rétine, d'une altération d'un exemplaire du gène RB (altération constitutionnelle). L'altération du deuxième exemplaire du gène RB est acquise au niveau des cellules de la rétine.
Ainsi, les formes héréditaires du rétinoblastome concernent-elles 10% des cas de rétinoblastome unilatéral et l'ensemble des atteintes bilatérales.
Dans 25% des cas, l'un des deux parents a lui-même été atteint dans l'enfance ou porte des cicatrices de rétinoblastome ayant spontanément involué. L'enfant atteint a hérité de son parent atteint une altération constitutionnelle du gène RB. Il a un risque sur deux de la transmettre à chacun de ses enfants.
Dans 75% des cas, l'enfant n'a aucune histoire familiale, il s'agit alors le plus souvent d'un accident génétique qui a eu lieu dans une cellule germinale (spermatozoïde ou ovocyte) de l'un des deux parents. Dans ce cas, le risque de prédisposition des frères et sœurs de l'enfant atteint est très faible. En revanche, l'enfant porteur de cette prédisposition aura plus tard un risque sur deux de la transmettre à chacun de ses enfants.
Pour tous les patients atteints d'un rétinoblastome, il existe donc un risque plus ou moins important d'être porteur d'une altération constitutionnelle du gène RB, avec, alors, un risque de prédisposition pour la fratrie ou pour les descendants du patient. En l'absence d'étude génétique, un suivi précoce et fréquent, par examen du fond d'œil jusqu'à l'âge de 5 ans, est recommandé pour tout enfant ayant un risque de prédisposition au rétinoblastome.
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Rétinoblastome unilatéral Plus de 50% des cas |
Rétinoblastome bilatéral Moins de 50% des cas |
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Forme non héréditaire : 90% des cas unilatéraux |
Forme héréditaire : 10% des cas unilatéraux Risque de transmission : 50% |
Forme héréditaire : 100% cas bilatéraux Risque de transmission: 50% |
Les enfants porteurs d'une prédisposition génétique au rétinoblastome peuvent développer des formes plus ou moins graves de la maladie : elle peut toucher les deux yeux ou un seul, avoir plusieurs foyers dans un même œil et, dans de rares cas, les enfants ne développent pas de tumeur.
Les généticiens de l'Institut Curie et de l'université Paris Descartes viennent de découvrir un premier gène contribuant à cette variabilité tumorale. Chez les enfants prédisposés au rétinoblastome, l'existence d'un variant génétique de MDM2 – une variation génétique présente dans une partie de la population, mais qui, seule, ne présente pas de risque – agit comme un accélérateur du développement tumoral. Ces résultats sont publiés dans le Journal of the National Cancer Institute de décembre 2010.
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La consultation de génétique permet de reprendre l'ensemble de l'information sur la prédisposition génétique au rétinoblastome et de l'adapter au cas par cas. En effet, les risques de rétinoblastome dépendent de l'histoire de chaque patient, futur ou jeune parent. Les modalités de la prise en charge ophtalmologique recommandée pour ses enfants dès leur naissance sont expliquées. Une étude génétique lui sera systématiquement proposée que l'atteinte ait été uni ou bilatérale, familiale ou non familiale.
L'étude est réalisée à partir de deux prélèvements sanguins. Elle permet de détecter la présence éventuelle de mutation dans le gène RB. Il s'agit d'une recherche de longue durée, s'étalant sur plusieurs mois. En cas de résultat négatif, c'est-à-dire en l'absence d'altération du gène RB identifiée, les limites actuelles des techniques conduisent à retenir ce résultat comme peu informatif : il diminue le risque d'existence d'une altération génétique du gène RB (surtout dans les cas de rétinoblastome unilatéral), mais ne l'élimine pas de façon absolue. En revanche, si une altération génétique est identifiée, celle-ci est la base même d'un test génétique qui peut être proposé aux autres membres de la famille. Dans ce cas, un résultat négatif aura alors toute sa signification : si le sujet testé n'est pas porteur de la prédisposition identifiée dans la famille, et s'il est âgé de moins de 5 ans, il peut être libéré de tout suivi ophtalmologique.
De façon générale, les analyses moléculaires du gène RB ont pour objectif de guider la surveillance de l'enfant atteint, mais aussi celle de ses frères et sœurs, voire cousins germains et enfin de ses futurs enfants.
Votre enfant est suivi pour un rétinoblastome, et il vous a été conseillé, ou vous avez pris l'initiative, de prendre contact avec le généticien pour une consultation génétique. Lors de cette consultation, le généticien, avec votre contribution, essayera :
Dans un grand nombre de cas, une étude de génétique ayant pour objectif d'analyser le gène RB sera proposée, dans un premier temps, chez votre enfant. Le consentement des deux parents sera alors nécessaire. La présence des deux parents n'est cependant pas indispensable, le parent absent pouvant secondairement transmettre le consentement au service de Génétique. Il appartient aux parents de prendre l'initiative d'une consultation génétique en s'adressant à un service de génétique médicale compétent proche de leur domicile.